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31/03/2026 : Visite du Centre de Ressources de Botanique Appliquée (c-r.b/a*) à Charly

    LES CROQUEURS de pommes® du verger Saint-Genois accompagnés de Katia de Magny’Ethique et de Julie de la Pépinière du Suchel, ont été reçus par Laurent SAUNIER, paysagiste arboriculteur responsable de la collection d’arbres.

    La typographie c-r.b/a* n’est pas une erreur. Le centre de recherche a été créé avec la volonté de croiser les disciplines, en donnant une place d’honneur à l’art, ce qui transparaît dans cette écriture et sur les plaquettes où peinture et graphisme ont une place importante.

    Le c-r.b/a* est une association, créée en janvier 2008 par Stéphane Crozat et Sabrina Novak, toujours dirigeants aujourd’hui.

    Depuis 2020, 3,5 hectares de terrains mis à la disposition par la mairie de Charly sur un lieu historique, le domaine Melchior Philibert (9 hectares au total). Un champ de 1,5 hectare un peu plus loin, ainsi que le conservatoire avec cultures en cage pour éviter croisements et perpétuer la génétique des graines conservées. Gestionnaire des mûriers de Sainte Foy lès Lyon, à l’origine gérés par l’INRA mais laissé à une association à son départ. Aujourd’hui un peu à l’abandon faute de forces vives. Tentative du c-r.b/a* de rapatrier les variétés sur le site de Charly.

    Le c-r.b/a emploie 13 salariés assistés d’1 à 2 saisonniers qui viennent prêter main forte à l’équipe en fonction de la capacité financière. 

    Le c-r.b/a est organisé en 4 pôles

    1- Jardin patrimoine

    Études historiques de domaines, jardins, parfois sur demande de la DRAC. Prestations payantes qui permettent de gagner de l’argent car les subventions touchées de la métropole et les mécènes ne suffisent pas aux objectifs de l’association.

    2- Conservatoire

    4000 espèces de graines, certaines provenant de l’institut Vavilov, en Russie. Mais les contacts sont de plus en plus difficiles. 

    Graines à “régénérer” régulièrement, tous les 5-6 ans en moyenne. Il s’agit de semer dans des cages fermées pour s’assurer qu’il n’y ait pas de croisement et refaire des graines. 10 cages ici (station 1), 20 en 4 serres sur l’autre terrain. Ceci permet de conserver un bon taux de germination. Un maraîcher est dédié à cette tâche.

    Station 1= Station Vavilov avec ses cages (filets hermétiques aux insectes et pollens pour éviter les croisements, actuellement encore vides mais prêtes à accueillir les plants.

    La pollinisation des végétaux mis en cage est assurée par des abeilles, livrées en ruchettes sans reine, achetées à la société Chrysope. Juste des abeilles travailleuses, pas de reproduction. Les abeilles restent en cage et y meurent.

    3- Agronomie

    Objectif : Trouver les variétés qui nourriront la population dans 20-30 ans. Domitille, ingénieure agronome, caractérise les variétés pour une meilleure connaissance : quand germent les graines, quand la variété fleurit-elle, mûrit-elle, la taille, le goût… 

    Les légumes et fruits produits sont distribués aux employés ainsi qu’aux restos du cœur.

    Actuellement, 150 variétés de poireaux, d’épinards, de courgettes et de radis, répartis entre plusieurs espèces comparées. 

    Station 2 : essais agronomiques

    Pendant 3 ans, Domitille fait des relevés de caractéristiques des variétés et espèces. Plusieurs années sont nécessaires pour voir la fluctuation possible en termes de météorologie.

    Avant, des essais étaient fait sur le terrain du verger mais le terrain en pente introduisait une fluctuation de données entre le haut et le bas du terrain (pas la même eau à cause de l’écoulement…). Préférence pour un terrain plat qui enlève la charge de l’élément “coteau”.

    De part et d’autre des ganivelles. À gauche : bordure station 2 avec Rosa rugosa à l’intérieur, pommiers kazakhs à l’extérieur. À droite : bordure station 3 avec buissons épineux en extérieurs, mûriers platanes et petits fruits en intérieur.

    4- Verger conservatoire

    Verger composé essentiellement de variétés locales pommes, pêches, poires, abricots, cerises. 

    Recherche permanente de nouvelles variétés anciennes sur le territoire avec génotypage par réseau Prunus. Mais aussi acclimatation d’autres espèces (grenadiers, jujubiers, pistachiers, agaviers, arbousiers et argousiers…) en vue de diversification pour faire face au changement climatique.

    plan du verger

    Le bas du plan correspond au haut du coteau, le triangle en bas à droite à la station 2 (agronomie), bordée en bas en orange par l’allée chronologique des pommiers, en haut par l’allée de mûriers. La partie colorée correspond à la station 3 (verger conservatoire).

    500 fruitiers + petits fruits + végétaux compagnons. Installation des arbres par date de cueillette. La plupart des végétaux viennent de chez Jérôme Munoz, pépiniériste à Die : Pépin’hier. Les premiers arbres ont été plantés en 2020. Du vandalisme l’an dernier a obligé à en supprimer un certain nombre trop abimés et à les remplacer cette année. La commune a mis des portails pour fermer l’espace avant de placer probablement des caméras de surveillance sur le site.

    Il n’y a pas un secteur attitré à chaque variété mais une organisation spatiale en fonction de la période de cueillette pour faciliter le travail sur les terrains.

    Ambition de passer le verger du c-r.b/a* au patrimoine national. Pour cela, Laurent respecte déjà le carnet de route à suivre pour être référencé dans la collection nationale. Des exigences fortes : bio (Label bio depuis l’an dernier sur le pôle maraîchage, obtenu cette année pour les arbres fruitiers), bon état sanitaire, avoir des variétés anciennes en au moins 3 exemplaires chacune pour pouvoir être sûrs de perpétuer la variété. Obligation de fournir des greffons à qui les demande si les arbres permettent un prélèvement.

    Comme le verger est accessible au public et qu’une bonne partie des fonds vient de mécènes qui veulent en “avoir pour leur argent”, il faut que les vergers soient présentables => taille esthétique, en gobelet, pas de taille de fructification, pas d’arcure non plus pour l’instant. Laurent admet que quand il est question de taille, il faut jongler entre le côté esthétique et le sanitaire : la taille laisse des entrées aux fongiques mais permet aussi d’aérer pour éviter d’autres maladies cryptogamiques. Lui adore tailler (formation arboricole/horticole) et se fait plaisir, il n’hésite pas à tailler beaucoup pour pouvoir présenter un beau verger aux mécènes et en vue du passage en collection nationale. 

    Couches intermédiaires, fixateur d’azote (genêts, oliviers de Bohème…), Composés Organiques Volatiles (romarins…), esthétique (fleurs et diversité de feuillages).

    Pépinière : Travail de greffe et bouturage pour remplacer les pertes et pour multiplier des variétés “trouvées” pouvant être intéressantes avant même leur génotypage. 

    Greffe également des agrumes sur des porte-greffes adaptés aux extérieurs (citrange et volkameriana) pour transférer des variétés de l’orangerie dehors parce que l’orangerie atteint des températures insoutenables (50°C la semaine dernière) et que les agrumes y sont infestés de pucerons. 

    Orangerie

    Pépinière

    Station 3 : verger mené en agroforesterie

    Les arbres fruitiers sont associés à d’autres arbres et arbustes, parfois en étant la strate haute, parfois en étant intégrés à une haie plus dense. Les grands arbres déjà présents sur le site ont été conservés et intégrés dans les haies. 

    Aucun traitement à l’exception l’an dernier d’un traitement à la lécithine de tournesol contre la cloque avec produit bio laissé par le prédécesseur de Laurent et qu’il fallait bien passer. Sinon, il se contente d’amender avec compost de la métropole (plateforme Racine).

    Arrosage goutte à goutte pour le jardin, la pépinière, les arbres jeunes. L’arrosage est amené à être supprimé sur les haies installées.

    Les haies ont été plantées perpendiculairement à la pente pour passer avec le tracteur sans risque de verser. On aperçoit sur la droite des parties non enherbées. Elles ont servi à la station 2 qui a aujourd’hui déménagé pour homogénéiser les paramètres des données du suivi agronomique (Voir 2.)

    Rangée de grenadiers plantée il y a 4 ans. Ont donné beaucoup de fruits l’été dernier.

    Entretien inter-rangs avec des moutons, changés de parc environ toutes les 3 semaines (quand ils cherchent à manger en dehors de l’enclos)

    Projets à venir

    • Création de jardins pédagogiques pour les enfants. 
    • Des lignes de plantation pour voir l’évolution des végétaux dans le temps : déjà chronologie des pommiers en allant du pommier du Kazakhstan à des variétés récentes parfois spectaculaires (jumbo). Idem prévu avec aubergines de la variété sauvage aux cultivées.
    • Jardin à la française dans le parc à l’entrée.

    Allée d’arbres du pommier Kazakh aux variétés les plus récentes.
    Entrée dans le parc : carrés destinés au futur jardin à la française + orangerie